Hommage à Finity

1924 - 2004


Albert FinityIl était une fois à Annecy un petit garcon qui, dans le grenier familial, découvrait avec émerveillement la rubrique “Epatez vos amis” de l’Almanach Vermot. A l’adolescence, il surprenait ses camarades en faisant disparaître et réapparaître balles et rubans, cartes et foulards. Au catéchisme, c’est le curé qui lui apprenait ses premiers tours de cartes. A l’âge adulte il reste un “grand enfant” et consacre tous ses loisirs à... l’illusion ; le grande, celle qui fait léviter les dames, et la petite qui fait se détacher des anneaux solidement enclavés et se multiplier les balles éponges ; et même à la micromagie ou close-up fort à la mode ; les pièces ou les cartes n’ont plus de secrets pour lui.

Il était une fois à Villeurbanne un monsieur respectable membre de l’Association française des artistes prestidigitateurs et de l’Amicale Robert-Houdin de Lyon qu’il rejoint en Janvier 1973 et dont il fut 3 ans plus tard le vice-président. “Bébert” comme le surnommait familièrement tous ses amis était plus connu artistiquement sous le nom de “Al” et formait avec son épouse, sa partenaire de toujours, le couple magique “Al et Sandy” bien connu au sein des kermesses, des arbres de Noël et autres festivités.

Tout vétu de noir et rouge ce petit garcon d’antan était passé maître dans l’art de l’illusion grâce à ses maîtres : Sauty, Hardy l’Enchanteur, Georges Poulleau (Diavol) ou encore Jean Régil qui lui ont appris tour à tour les trucs et les ficelles du métier.

L’heure de sa retraite ayant sonné, Albert et sa famille quittent la région lyonnaise pour Annecy. Malgré l’éloignement, il garde un contact permanent avec ses amis lyonnais et venait régulièrement leur rendre visite pour s’informer de l’actualité magique et de la vie de l’Amicale. Bébert avait un grand sens du métier artistique et était un fervent défenseur des “secrets” ; le débinage était sa bête noire.
Comme tous les passionnés, tout l’intéressait. Les cordes étaient une de ses spécialités et il m’apportait régulièrement son concours et ses connaissances pour le journal pour lequel il fut un fidèle collaborateur comme, à une époque, pour “Le Magicien” pour lequel il écrivit de nombreux articles.

Bébert coulait une retraite paisible qui lui permettait enfin de s’adonner entièrement à sa passion, lorsque le destin en décida autrement. Il nous a quittés un jour de Mai suite à une longue maladie comme on dit. Quelques jours auparavant il m’avait fait part au téléphone de sa souffrance morale et physique et j’ai perçu dans sa voix que ses illusions étaient en train, pour la première fois, de disparaître...

“Bébert” depuis ce jour où tu es allé rejoindre tes amis magiciens disparus, il m’arrive parfois de repenser à tes petites visites à la maison où nous nous plaisions à fouiller tous les deux dans le grand placard ou j’ai entassé au fil des ans d’innombrables tours et je reverais toujours ton regard émerveillé, sans doute le même que celui que tu avais dans le grenier de ton enfance.

 
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